
Un circuit de prises câblé en 1,5 mm² et protégé par un disjoncteur de 16 A supporte 8 socles au maximum. Câblé en 2,5 mm² sous 20 A, il en accepte 12. La norme NF C 15-100 fixe ces deux plafonds, et elle compte les prises de courant une par une, jamais les boîtiers qui les portent.
Combien de prises par disjoncteur : 8 en 1,5 mm², 12 en 2,5 mm²
La question se pose toujours au même moment : le tableau est ouvert, les circuits sont tracés sur le papier, et il reste à décider combien de socles partent de chaque départ. La réponse tient dans le couple formé par la section du conducteur et le calibre de la protection placée en tête.
Un conducteur de 1,5 mm² protégé par un disjoncteur de 16 A alimente au plus 8 socles. Un conducteur de 2,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A en alimente au plus 12. Ces deux lignes couvrent la quasi-totalité des circuits de prises ordinaires d’un logement, et elles figurent telles quelles dans la NF C 15-100.
| Section du conducteur | Calibre du disjoncteur | Socles de prise 16 A admis |
|---|---|---|
| 1,5 mm² | 16 A | 8 |
| 2,5 mm² | 20 A | 12 |
L’écart entre les deux lignes n’est pas une faveur accordée au gros câble. Une section de 2,5 mm² évacue mieux la chaleur produite par le courant qu’elle transporte, donc elle supporte une protection plus généreuse, donc le circuit dessert davantage de points d’usage sans que le conducteur s’échauffe. Le raisonnement vaut dans l’autre sens : poser du 1,5 mm² derrière un disjoncteur de 20 A revient à retirer la protection du câble, puisque le conducteur atteint sa limite thermique avant que le disjoncteur ne coupe.
Le choix se joue donc au moment du câblage, pas au moment du tableau. Reprendre un circuit existant pour y ajouter un socle suppose de connaître la section réellement posée dans les gaines, information que le repérage du tableau ne donne presque jamais. Le cadre général des circuits du logement est détaillé dans notre dossier sur la norme électrique du logement.
Des socles comptés un par un, pas des boîtiers
Le comptage reste la source d’erreur la plus fréquente, et il n’a rien d’intuitif. La norme dénombre des prises de courant, pas des emplacements muraux.

Une prise double compte pour deux
Un boîtier double installé dans une chambre occupe une seule place dans le mur et deux places dans le décompte du circuit. Un triple en occupe trois. Legrand le formule sans détour dans sa documentation destinée aux particuliers : le décompte porte sur une prise seule, pas sur un support qui en regroupe plusieurs. Un circuit de huit socles se remplit donc avec quatre boîtiers doubles, ce qui arrive plus vite que prévu dans un séjour équipé pour le télétravail.
Ce qui ne pèse pas sur le compteur
Trois familles de points échappent au décompte du circuit de prises :
- les points d’éclairage, qui vivent sur leurs propres départs ;
- les prises de communication RJ45, qui ne transportent aucune énergie ;
- les appareils placés sous circuit spécialisé, alimentés chacun par une ligne dédiée.
La distinction compte au moment de dimensionner un logement neuf. Une chambre demande au minimum trois socles de prise et une prise de communication, et seule la première catégorie grève le circuit de prises. Le câblage réseau suit une logique séparée, décrite dans notre article sur le précâblage en RJ45.
Pourquoi le plafond s’arrête là
Un disjoncteur ne compte pas les prises. Il mesure un courant, et il coupe quand ce courant dépasse son calibre assez longtemps pour menacer le conducteur. Le plafond de 8 ou 12 socles ne décrit donc pas une limite physique instantanée : il traduit une hypothèse de foisonnement, celle qui veut que tout ne fonctionne pas en même temps à pleine puissance.
L’hypothèse tient tant que le nombre de points reste borné. Sur douze socles répartis dans deux pièces, la probabilité que la somme des appareils branchés dépasse durablement 20 A reste faible. Multiplier les socles au-delà fait glisser ce pari statistique du côté défavorable, sans qu’aucun signal ne prévienne avant le premier déclenchement.
Un disjoncteur de 20 A laisse passer environ 4 600 W sous 230 V. Un radiateur soufflant, une bouilloire et un aspirateur suffisent à s’en approcher. Le circuit ne prend pas feu pour autant : il déclenche, et il déclenchera de nouveau tant que la répartition des usages ne changera pas. Le déclenchement répété est un diagnostic, pas une gêne à contourner.
Le vrai risque se situe ailleurs, dans les installations où un socle supplémentaire a été greffé sur un circuit déjà chargé sans reprendre la section. Remplacer alors le disjoncteur par un calibre supérieur pour faire taire le symptôme supprime la protection du câble. L’échauffement se déplace dans la gaine, hors de vue, et plus rien ne le signale.
La cuisine change les compteurs
La cuisine concentre les appareils les plus gourmands du logement, et la norme y répond par des départs dédiés plutôt que par des circuits plus longs.

Une cuisine de plus de 4 m² reçoit au minimum 6 socles de prise 16 A, dont 4 au-dessus du plan de travail. Sous 4 m², le minimum descend à trois. Ces socles se câblent classiquement en 2,5 mm² sous 20 A, ce qui laisse de la marge par rapport au plafond de douze : le point dur de la cuisine n’est pas le nombre de prises générales, ce sont les circuits qui les entourent.
À côté de ces prises, la NF C 15-100 impose des circuits spécialisés, un départ par appareil, sans partage possible :
- plaque de cuisson : 6 mm² sous 32 A ;
- four : 2,5 mm² sous 20 A ;
- lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge : 2,5 mm² sous 20 A chacun.
La question du nombre de prises admises sur un disjoncteur de 32 A trouve ici sa réponse : une seule. Le circuit de cuisson alimente un point unique, prise 32 A ou sortie de câble, et rien d’autre. Le calibre ne sert pas à grouper davantage de socles, il sert à faire passer la puissance d’un appareil que le circuit général ne pourrait pas absorber.
Le même raisonnement vaut pour le lave-linge. Un circuit spécialisé n’accepte pas une prise supplémentaire pour l’aspirateur, même si le disjoncteur le supporterait sans broncher. La règle est fonctionnelle avant d’être électrique : elle garantit qu’un défaut sur le gros électroménager ne prive pas le reste de la pièce de courant. Chiffrer ces départs en amont fait partie de la préparation d’un chantier, sujet traité dans notre dossier sur l’ordre des travaux et le budget d’une réfection.
Éclairage et chauffage : deux autres plafonds
Les circuits de prises ne sont pas les seuls à porter une limite. Deux autres familles de départs obéissent à des compteurs différents, et les confondre conduit à sous-dimensionner un tableau entier.
Huit points lumineux par circuit
Un circuit d’éclairage s’arrête à 8 points lumineux, câblé en 1,5 mm² sous une protection de 16 A au maximum, le plus souvent un disjoncteur de 10 A. Un point lumineux se décompte comme un socle : un lustre à cinq ampoules reste un point, deux appliques en font deux. Le calibre de 10 A ne relève d’aucune obligation, c’est un ajustement au besoin réel, l’éclairage à diodes d’un logement entier dépassant rarement quelques centaines de watts. Cet ajustement a une vertu pratique : un défaut sur un luminaire coupe un disjoncteur clairement identifié plutôt qu’un départ fourre-tout.
Le chauffage se compte en watts
Les circuits de chauffage électrique quittent la logique du nombre de points pour celle de la puissance installée. La norme prévoit un circuit par tranche de 4 500 W, en 2,5 mm² sous 20 A. Trois convecteurs de 1 500 W remplissent un départ à eux seuls. Un quatrième appareil impose un second circuit, quel que soit le nombre de boîtes de raccordement disponibles sur la ligne existante.
Le nombre de radiateurs admis sur un disjoncteur de 20 A se règle donc par une addition, pas par un décompte : la somme des puissances nominales, comparée aux 4 500 W admis. Un plancher chauffant et un chauffe-eau relèvent pour leur part de circuits spécialisés distincts, au même titre que la plaque de cuisson.
Huit disjoncteurs derrière chaque interrupteur différentiel
Le décompte ne s’arrête pas au circuit. En amont des disjoncteurs divisionnaires, l’interrupteur différentiel porte lui aussi sa limite : 8 disjoncteurs au maximum sous un différentiel de 40 A et 30 mA, chiffre que Legrand rappelle dans sa documentation d’installation. Un tableau qui aligne douze départs sous un seul différentiel sort du cadre, même si chaque circuit respecte son propre plafond de socles.

La logique reproduit celle du circuit terminal, un cran plus haut. Le différentiel supporte un courant total, et la protection perd une part de son intérêt si le moindre défaut coupe la moitié du logement. Répartir les circuits sensibles sur plusieurs différentiels évite qu’une fuite dans la salle d’eau éteigne le congélateur, et la répartition compte autant que le nombre : mélanger éclairage et prises sous un même différentiel vaut mieux que regrouper tous les circuits d’un étage.
Vérifier une installation existante demande trois passages successifs :
- compter les socles réellement raccordés sur chaque départ, prise double comptée pour deux ;
- relever la section posée, 1,5 ou 2,5 mm², plutôt que le calibre affiché en façade ;
- compter les disjoncteurs présents sous chaque interrupteur différentiel.
Un dépassement sur l’un des trois se corrige en créant un départ, jamais en montant le calibre. Toute intervention sur le tableau ou sur des circuits susceptibles d’être sous tension relève d’un professionnel qualifié, et les valeurs citées ici se vérifient dans le texte en vigueur au moment des travaux. Prochaine étape pour une installation ancienne : identifier les circuits saturés avant de décider si le tableau doit être repris, démarche décrite dans notre dossier sur le remplacement d’un tableau électrique.